Il me répliqua:

—J'ai bien le droit de lui donner rendez-vous chez moi. Je suis aimé pour moi-même.

—Ce n'est pas vrai, fis-je; tu l'as enlevée et tu la retiens prisonnière!

—Écoute, me dit-il, me promets-tu de ne plus t'occuper de mes affaires si je te prouve que je suis aimé pour moi-même?

—Oui, je te le promets, répondis-je sans hésitation, car je pensais bien que pour un tel monstre, telle preuve était impossible à faire.

—Eh bien, voilà! c'est tout à fait simple!... Christine Daaé sortira d'ici comme il lui plaira et y reviendra!... Oui, y reviendra! parce que cela lui plaira... y reviendra d'elle-même, parce qu'elle m'aime pour moi-même!...

—Oh! je doute qu'elle revienne!... Mais c'est ton devoir de la laisser partir.

—Mon devoir, immense niais! (textuel)—C'est ma volonté... ma volonté de la laisser partir, et elle reviendra... car elle m'aime!... Tout cela, je te dis, finira par un mariage... un mariage à la Madeleine, immense niais! (textuel). Me crois-tu, à la fin? Quand je te dis que ma messe de mariage est déjà écrite... tu verras ce Kyrie...

Il tapota encore ses talons sur le bois de la barque, dans une espèce de rythme qu'il accompagnait à mi-voix en chantant: Kyrie!... Kyrie!... Kyrie Eleïson!... Tu verras, tu verras cette messe!

—Écoute, conclus-je, je te croirai si je vois Christine Daaé sortir de la maison du Lac et y revenir librement!