—Oui! Oui! C'est moi! Ce n'est pas un rêve!... Christine, ayez confiance!... Nous sommes là pour vous sauver... mais pas une imprudence!... Quand vous entendrez le monstre, avertissez-nous.

—Raoul!... Raoul!

Elle se fit répéter plusieurs fois qu'elle ne rêvait pas et que Raoul de Chagny avait pu venir jusqu'à elle, conduit par un compagnon dévoué qui connaissait le secret de la demeure d'Erik.

Mais aussitôt à la trop rapide joie que nous lui apportions succéda une terreur plus grande. Elle voulait que Raoul s'éloignât sur-le-champ. Elle tremblait qu'Erik ne découvrît sa cachette, car, en ce cas, il n'eût pas hésité à tuer le jeune homme. Elle nous apprit en quelques mots précipités qu'Erik était devenu tout à fait fou d'amour et qu'il était décidé à tuer tout le monde et lui-même avec le monde, si elle ne consentait pas à devenir sa femme devant le maire et le curé, le curé de la Madeleine. Il lui avait donné jusqu'au lendemain soir onze heures pour réfléchir. C'était le dernier délai. Il lui faudrait alors choisir, comme il disait, entre la messe de mariage et la messe des morts!

Et Erik avait prononcé cette phrase que Christine n'avait pas tout à fait comprise: «Oui ou non; si c'est non, tout le monde est mort et enterré!»

Mais, moi, je comprenais tout à fait cette phrase, car elle répondit d'une façon terrible à ma pensée redoutable.

—Pourriez-vous nous dire où est Erik? demandai-je.

Elle répondit qu'il devait être sorti de la demeure.

—Pourriez-vous vous en assurer?

—Non!... Je suis attachée... je ne puis faire un mouvement.