—Je comprends!...

—Personne!...

—Ton fiancé... peut-être!...

—Eh! je n'ai pas de fiancé!... Vous le savez bien!...

Encore un ricanement mauvais.

—Du reste, c'est si facile de le savoir... Ma petite Christine, mon amour... on n'a pas besoin d'ouvrir la porte pour voir ce qui se passe dans la chambre des supplices... Veux-tu voir? veux-tu voir?... Tiens!... S'il y a quelqu'un... s'il y a vraiment quelqu'un, tu vas voir s'illuminer tout là-haut, près du plafond, la fenêtre invisible... Il suffit d'en tirer le rideau noir et puis d'éteindre ici... Là, c'est fait... Éteignons! Tu n'as pas peur de la nuit, en compagnie de ton petit mari!...

Alors, on entendit la voix agonisante de Christine.

—Non!... J'ai peur!... Je vous dis que j'ai peur dans la nuit!... Cette chambre ne m'intéresse plus du tout!... C'est vous qui me faites tout le temps peur, comme à une enfant, avec cette chambre des supplices!... Alors, j'ai été curieuse, c'est vrai!... Mais elle ne m'intéresse plus du tout... du tout!...

Et ce que je craignais par-dessus tout, commença automatiquement... Nous fûmes, tout à coup, inondés de lumière!... Oui, derrière notre mur, ce fut comme un embrasement. Le vicomte de Chagny qui ne s'y attendait pas, en fut tellement surpris qu'il en chancela. Et la voix de colère éclata à côté.

—Je te disais qu'il y avait quelqu'un!... Là vois-tu maintenant, la fenêtre?... la fenêtre lumineuse!... Tout là-haut!... Celui qui est derrière ce mur ne la voit pas lui!... Mais, toi, tu vas monter sur l'échelle double. Elle est là pour cela!... Tu m'as demandé souvent à quoi elle servait... Eh bien! te voilà renseignée maintenant!... Elle sert à regarder par la fenêtre de la chambre des supplices... petite curieuse!...