La deuxième loge n° 27 sera réservée chaque jour pour l'usage des préfets de la Seine et de police.»
Et encore, en fin de cet article, M. Poligny nous montra une ligne à l'encre rouge qui y avait été ajoutée.
La première loge n°5 sera mise à toutes les représentations à la disposition du fantôme de l'Opéra.
Sur ce dernier coup, nous ne pûmes que nous lever et serrer chaleureusement les mains de nos deux prédécesseurs en les félicitant d'avoir imaginé cette charmante plaisanterie, qui prouvait que la vieille gaieté française ne perdait jamais ses droits. Richard crut même devoir ajouter qu'il comprenait maintenant pourquoi MM. Debienne et Poligny quittaient la direction de l'Académie nationale de musique. Les affaires n'étaient plus possibles avec un fantôme aussi exigeant.
—Évidemment, répliqua sans sourciller M. Poligny: 240,000 francs ne se trouvent pas sous le fer d'un cheval. Et avez-vous compté ce que peut nous coûter la non-location de la première loge n° 5 réservée au fantôme à toutes les représentations? Sans compter que nous avons été obligés d'en rembourser l'abonnement, c'est effrayant! Vraiment, nous ne travaillons pas pour entretenir des fantômes!... Nous préférons nous en aller!
—Oui, répéta M. Debienne, nous préférons nous en aller! Allons-nous-en!
Et il se leva.
Richard dit:
—Mais enfin, il me semble que vous êtes bien bons avec ce fantôme. Si j'avais un fantôme aussi gênant que ça, je n'hésiterais pas à le faire arrêter.
—Mais où? Mais comment? s'écrièrent-ils en chœur; nous ne l'avons jamais vu!