Car, pour le premier comme pour le second, il ne faisait point de doute que la double missive ne fût le fruit de la collaboration facétieuse de leurs prédécesseurs.

—Je ne suis point d'humeur à me laisser longtemps berner! déclara Firmin Richard.

—C'est inoffensif! observa Armand Moncharmin.

Au fait, qu'est-ce qu'ils veulent? Une loge pour ce soir?

M. Firmin Richard donna l'ordre à son secrétaire d'envoyer la première loge n° 5 à MM. Debienne et Poligny, si elle n'était pas louée.

Elle ne l'était pas. Elle leur fut expédiée sur-le-champ. MM. Debienne et Poligny habitaient: le premier, au coin de la rue Scribe et du boulevard des Capucines; le second, rue Auber. Les deux lettres du fantôme F. de l'Opéra avaient été mises au bureau de poste du boulevard des Capucines. C'est Moncharmin qui le remarqua en examinant les enveloppes.

—Tu vois bien! fit Richard.

Ils haussèrent les épaules et regrettèrent que des gens de cet âge s'amusassent encore à des jeux aussi innocents.

—Tout de même, ils auraient pu être polis! fit observer Moncharmin. As-tu vu comme ils nous traitent à propos de la Carlotta, de la Sorelli et de la petite Jammes?

—Eh bien! cher, ces gens-là sont malades de jalousie!... Quand je pense qu'ils sont allés jusqu'à payer une petite correspondance à la Revue théâtrale!... Ils n'ont donc plus rien à faire?