Et maintenant nous voici dans la loge n° 5.
C'est une loge comme toutes les autres premières loges. En vérité, rien ne distingue cette loge de ses voisines.
MM. Moncharmin et Richard, s'amusant ostensiblement et riant l'un de l'autre, remuaient les meubles de la loge, soulevaient les housses et les fauteuils et examinaient en particulier celui sur lequel la voix avait l'habitude de s'asseoir. Mais ils constatèrent que c'était un honnête fauteuil, qui n'avait rien de magique. En somme, la loge était la plus ordinaire des loges, avec sa tapisserie rouge, ses fauteuils, sa carpette et son appui-mains en velours rouge. Après avoir tâté le plus sérieusement du monde la carpette et n'avoir, de ce côté comme des autres, rien découvert de spécial, ils descendirent dans la baignoire du dessous, qui correspondait à la loge n° 5. Dans la baignoire n°5, qui est juste au coin de la première sortie de gauche des fauteuils d'orchestre, ils ne trouvèrent rien non plus qui méritât d'être signalé.
—Tous ces gens-là se moquent de nous, finit par s'écrier Firmin Richard; samedi, on joue Faust, nous assisterons à la représentation tous les deux dans la première loge n°5!
[VIII]
[OÙ MM. FIRMIN RICHARD, ET ARMAND MONCHARMIN ONT L'AUDACE DE FAIRE REPRÉSENTER «FAUST» DANS UNE SALLE «MAUDITE» ET DE L'EFFROYABLE ÉVÉNEMENT QUI EN RÉSULTA]
Mais le samedi matin, en arrivant dans leur bureau, les directeurs trouvèrent une double lettre de F. de l'O. ainsi conçue:
«Mes chers directeurs,
«C'est donc la guerre?
«Si vous tenez encore à la paix, voici mon ultimatum.