Agonisants, MM. Patard et Lalouette s'étaient dissimulés chacun dans un coin de la grande cheminée du laboratoire souterrain. Là, ils étaient dans une nuit profonde. Ils ne voyaient rien. Tout ce qui leur restait de vie s'était réfugié dans les oreilles. En vérité, ils ne vivaient plus que par les oreilles.
Ce fut d'abord le géant Tobie qui, en descendant l'escalier du laboratoire souterrain, fit entendre quelques grognements funestes.
—Vous avez encore laissé la trappe ouverte, maître, dit-il, vous verrez que cela vous portera malheur... à la fin!...
On entendit les pas monstrueux de Tobie qui se rapprochaient de la cage, c'est-à-dire des barreaux derrière lesquels ils avaient découvert l'homme enfermé.
—Dédé a dû en profiter pour crier comme un sourd... T'as crié, Dédé?
—Certainement qu'il a crié... répondit la voix de fausset de M. Loustalot... je l'ai entendu, moi, quand j'étais au gros chêne et que je mettais les mains sur Ajax!... Mais il n'y a personne, à cette heure, dans les environs.
—On ne sait jamais... gronda le géant... vous pouvez recevoir des visites comme l'autre fois... Il faut toujours fermer la trappe... avec elle on est tranquilles... elle est rembourrée de crin... on n'entend rien...
—Si tu n'avais pas laissé la grille du jardin ouverte, vieux fou, et laissé échapper les chiens... Tu sais bien qu'ils ne rentrent qu'à ma voix... Je n'ai pas pensé à la trappe derrière moi...
—Tu as crié, Dédé? interrogea le géant.
Mais il n'obtint pas de réponse... L'homme, derrière ses barreaux, ne bougeait pas plus qu'un mort.