On entendit la petite flûte de M. le secrétaire perpétuel:
—Avec un secret pareil, ça doit être bien vexant de ne pas être élu à l'Académie française!
—Monsieur le secrétaire perpétuel, déclara avec solennité
M. Raymond de La Beyssière, si M. Borigo ou M. Eliphas—appelez-le comme vous voulez, cela n'a pas d'importance—si cet homme a surpris, comme il le prétend, le secret de Toth, il est plus fort que vous et moi, je vous prie de le croire, et si j'avais eu le malheur de m'en faire un ennemi, j'aimerais mieux rencontrer sur mon chemin, la nuit, une troupe de bandits armés, qu'en pleine lumière cet homme, les mains nues!
Le vieil égyptologue avait prononcé ces derniers mots avec tant de force et de conviction, qu'ils ne manquèrent point de faire sensation.
Mais M. le secrétaire perpétuel reprit avec un petit rire sec:
—C'est peut-être Toth qui lui a appris à se promener dans les salons de Paris avec une robe phosphorescente!... A ce qu'il paraît qu'il présidait les réunions pneumatiques chez la belle Mme de Bithynie, dans une robe qui faisait de la lumière!...
—Chacun, répondit tranquillement M. Raymond de La Beyssière, chacun a ses petites manies.
—Que voulez-vous dire? demanda imprudemment M. le secrétaire perpétuel.
—Rien! répliqua énigmatiquement M. de La Beyssière; seulement, mon cher secrétaire perpétuel, permettez-moi de m'étonner qu'un mage aussi sérieux que M. Borigo du Careï trouve, pour le railler, le plus fétichiste d'entre nous!