—Je vous l'ai dit parce que c'est la vérité!

—Alors, vous ne trouvez pas bizarre…

—Tout est bizarre, dans cette affaire, mon ami, mais croyez bien que le bizarre que vous, vous connaissez n'est rien à côté du bizarre qui vous attend!…

—Il faudrait admettre, dis-je encore, que Mlle Stangerson «et son assassin» aient entre eux des relations au moins épistolaires?

—Admettez-le! mon ami, admettez-le!… Vous ne risquez rien!… Je vous ai rapporté l'histoire de la lettre sur la table de Mlle Stangerson, lettre laissée par l'assassin la nuit de la «galerie inexplicable», lettre disparue… dans la poche de Mlle Stangerson… Qui pourrait prétendre que, «dans cette lettre, l'assassin ne sommait pas Mlle Stangerson de lui donner un prochain rendez-vous effectif», et enfin qu'il n'a pas fait savoir à Mlle Stangerson, «aussitôt qu'il a été sûr du départ de M. Darzac», que ce rendez-vous devait être pour la nuit qui vient?»

Et mon ami ricana silencieusement. Il y avait des moments où je me demandais s'il ne se payait point ma tête.

La porte de l'auberge s'ouvrit. Rouletabille fut debout, si subitement, qu'on eût pu croire qu'il venait de subir sur son siège une décharge électrique.

«Mr Arthur Rance!» s'écria-t-il.

M. Arthur Rance était devant nous, et, flegmatiquement, saluait.

XX
Un geste de Mlle Stangerson