—Allons donc! murmura Darzac presque avec colère.
—Oh! soyez tranquille, je ne saurai que ce qu'il sera utile de savoir pour vous sauver!
—Il ne faut rien savoir, jeune homme… si vous voulez avoir droit à ma reconnaissance.»
Rouletabille secoua la tête. Il s'approcha tout près, tout près de Darzac:
«Écoutez ce que je vais vous dire, fit-il à voix basse… et que cela vous donne confiance! Vous, vous ne savez que le nom de l'assassin; Mlle Stangerson, elle, connaît seulement la moitié de l'assassin; mais moi, je connais ses deux moitiés; je connais l'assassin tout entier, moi!…»
Robert Darzac ouvrit des yeux qui attestaient qu'il ne comprenait pas un mot de ce que venait de lui dire Rouletabille. La voiture, sur ces entrefaites, arriva, conduite par Frédéric Larsan. On y fit monter Darzac et le gendarme. Larsan resta sur le siège. On emmenait le prisonnier à Corbeil.
XXV
Rouletabille part en voyage
Le soir même nous quittions le Glandier, Rouletabille et moi. Nous en étions fort heureux: cet endroit n'avait rien qui pût encore nous retenir. Je déclarai que je renonçais à percer tant de mystères, et Rouletabille, en me donnant une tape amicale sur l'épaule, me confia qu'il n'avait plus rien à apprendre au Glandier, parce que le Glandier lui avait tout appris. Nous arrivâmes à Paris vers huit heures. Nous dînâmes rapidement, puis, fatigués, nous nous séparâmes en nous donnant rendez-vous le lendemain matin chez moi.
À l'heure dite, Rouletabille entrait dans ma chambre. Il était vêtu d'un complet à carreaux en drap anglais, avait un ulster sur le bras, une casquette sur la tête et un sac à la main. Il m'apprit qu'il partait en voyage.
«Combien de temps serez-vous parti? lui demandai-je.