—Parce qu'il l'adorait, m'sieur le président…
—Voilà évidemment une raison…
—Oui, m'sieur, une raison péremptoire. Il était amoureux fou… et à cause de cela, et de bien d'autres choses aussi, capable de tous les crimes.
—Mlle Stangerson le savait?
—Oui, m'sieur, mais elle ignorait, naturellement, que l'individu qui la poursuivait ainsi fût Frédéric Larsan… sans quoi Frédéric Larsan ne serait pas venu s'installer au château, et n'aurait pas, la nuit de la galerie inexplicable, pénétré avec nous auprès de Mlle Stangerson, «après l'affaire». J'ai remarqué du reste qu'il s'était tenu dans l'ombre et qu'il avait continuellement la face baissée… ses yeux devaient chercher le binocle perdu… Mlle Stangerson a eu à subir les poursuites et les attaques de Larsan sous un nom et sous un déguisement que nous ignorions mais qu'elle pouvait connaître déjà.
—Et vous, monsieur Darzac! demanda le président… vous avez peut-être, à ce propos, reçu les confidences de Mlle Stangerson… Comment se fait-il que Mlle Stangerson n'ait parlé de cela à personne?… Cela aurait pu mettre la justice sur les traces de l'assassin… et si vous êtes innocent, vous aurait épargné la douleur d'être accusé!
—Mlle Stangerson ne m'a rien dit, fit M. Darzac.
—Ce que dit le jeune homme vous paraît-il possible?» demanda encore le président.
Imperturbablement, M. Robert Darzac répondit:
«Mlle Stangerson ne m'a rien dit…