D.—L'assassin ne pouvait pas savoir que vous dîneriez, ce soir-là, dans le laboratoire?

M. STANGERSON.—Mon Dieu, monsieur, je ne pense pas… C'est dans le temps que nous revenions, vers six heures, au pavillon, que je pris cette résolution de dîner dans le laboratoire, ma fille et moi. À ce moment, je fus abordé par mon garde qui me retint un instant pour me demander de l'accompagner dans une tournée urgente du côté des bois dont j'avais décidé la coupe. Je ne le pouvais point et remis au lendemain cette besogne, et je priai alors le garde, puisqu'il passait par le château, d'avertir le maître d'hôtel que nous dînerions dans le laboratoire. Le garde me quitta, allant faire ma commission, et je rejoignis ma fille à laquelle j'avais remis la clef du pavillon et qui l'avait laissée sur la porte à l'extérieur. Ma fille était déjà au travail.

D.—À quelle heure, mademoiselle, avez-vous pénétré dans votre chambre pendant que votre père continuait à travailler?

Mlle STANGERSON.—À minuit.

D.—Le père Jacques était entré dans le courant de la soirée dans la «Chambre Jaune»?

R.—Pour fermer les volets et allumer la veilleuse, comme chaque soir…

D.—Il n'a rien remarqué de suspect?

R.—Il nous l'aurait dit. Le père Jacques est un brave homme qui m'aime beaucoup.

D.—Vous affirmez, monsieur Stangerson, que le père Jacques, ensuite, n'a pas quitté le laboratoire? Qu'il est resté tout le temps avec vous?

M. STANGERSON.—J'en suis sûr. Je n'ai aucun soupçon de ce côté.