—Et les autres pas, les pas grossiers, qu'en faites-vous?
—Ce sont encore les pas de l'assassin.
—Alors, il y en a deux?
—Non! Il n'y en a qu'un, et il n'a pas eu de complice…
—Très fort! très fort! cria de sa place Frédéric Larsan.
—Tenez, continua le jeune reporter, en nous montrant la terre remuée par des talons grossiers; l'homme s'est assis là et a enlevé les godillots qu'il avait mis pour tromper la justice, et puis, les emportant sans doute avec lui, il s'est relevé avec ses pieds à lui et, tranquillement, a regagné, au pas, la grande route, en tenant sa bicyclette à la main. Il ne pouvait se risquer, sur ce très mauvais sentier, à courir à bicyclette. Du reste, ce qui le prouve, c'est la marque légère et hésitante de la bécane sur le sentier, malgré la mollesse du sol. S'il y avait eu un homme sur cette bicyclette, les roues fussent entrées profondément dans le sol… Non, non, il n'y avait là qu'un seul homme: L'assassin, à pied!
—Bravo! Bravo!» fit encore le grand Fred…
Et, tout à coup, celui-ci vint à nous, se planta devant M. Robert Darzac et lui dit:
«Si nous avions une bicyclette ici… nous pourrions démontrer la justesse du raisonnement de ce jeune homme, monsieur Robert Darzac… Vous ne savez pas s'il s'en trouve une au château?
—Non! répondit M. Darzac, il n'y en a pas; j'ai emporté la mienne, il y a quatre jours, à Paris, la dernière fois que je suis venu au château avant le crime.