—Alors, que signifie cette carte?

—Elle signifie que l'un des mobiles du crime a été le vol.

—Qu'est-ce qui vous a renseigné?

—Ceci! si vous voulez bien m'accompagner.»

Et le jeune homme nous pria de le suivre dans le vestibule, ce que nous fîmes. Là, il se dirigea du côté du lavatory et pria M. le juge d'instruction de se mettre à genoux à côté de lui. Ce lavatory recevait du jour par sa porte vitrée et, quand la porte était ouverte, la lumière qui y pénétrait était suffisante pour l'éclairer parfaitement. M. de Marquet et M. Joseph Rouletabille s'agenouillèrent sur le seuil. Le jeune homme montrait un endroit de la dalle.

«Les dalles du lavatory n'ont point été lavées par le père Jacques, fit-il, depuis un certain temps; cela se voit à la couche de poussière qui les recouvre. Or, voyez, à cet endroit, la marque de deux larges semelles et de cette cendre noire qui accompagne partout les pas de l'assassin. Cette cendre n'est point autre chose que la poussière de charbon qui couvre le sentier que l'on doit traverser pour venir directement, à travers la forêt, d'Épinay au Glandier. Vous savez qu'à cet endroit il y a un petit hameau de charbonniers et qu'on y fabrique du charbon de bois en grande quantité. Voilà ce qu'a dû faire l'assassin: il a pénétré ici l'après-midi quand il n'y eut plus personne au pavillon, et il a perpétré son vol.

—Mais quel vol? Où voyez-vous le vol? Qui vous prouve le vol? nous écriâmes nous tous en même temps.

—Ce qui m'a mis sur la trace du vol, continua le journaliste…

—C'est ceci! interrompit M. de Marquet, toujours à genoux.

—Évidemment», fit M. Rouletabille.