— Eh bien, je puis me féliciter de me trouver encore de ce monde!…
— Félicitez-vous, monsieur Darzac, félicitez-vous!…
— Quand je songe qu’aussitôt rentré chez moi j’ai fermé les verrous comme je vous l’ai dit, que je me suis mis au travail et que j’avais ce bandit dans le dos! Ah! il eût pu me tuer sans résistance!…»
Rouletabille s’avança vers M. Darzac.
«Pourquoi ne l’a-t-il pas fait? lui demanda-t-il, les yeux dans les yeux.
— Vous savez bien qu’il attendait quelqu’un!»
Et M. Darzac tourna sa face douloureuse du côté de la Dame en noir.
Rouletabille était maintenant tout contre M. Darzac. Il lui mit les deux mains aux épaules:
«Monsieur Darzac, fit-il, de sa voix redevenue claire et pleine de bravoure, il faut que je vous fasse un aveu! Quand j’eus compris comment s’était introduit le «corps de trop», et que j’eus constaté que vous ne faisiez rien pour nous détromper sur l’heure de cinq heures à laquelle nous avions cru, à laquelle tout le monde, excepté moi, croyait que vous étiez entré dans la Tour Carrée, je me trouvai en droit de soupçonner que le bandit n’était point celui qui, à cinq heures, était entré dans la Tour Carrée sous le déguisement Darzac! J’ai pensé, au contraire, que ce Darzac-là pouvait bien être le vrai Darzac et que le faux, c’était vous! Ah! mon cher monsieur Darzac, comme je vous ai soupçonné!…
— C’est de la folie! s’écria M. Darzac. Si je n’ai point dit l’heure exacte à laquelle j’étais entré dans la Tour Carrée, c’est que cette heure restait vague dans mon esprit et que je n’y attachais aucune importance!