— Elle attend… elle attend le retour de M. Darzac… Elle n’ose plus rentrer dans la chambre… ni moi non plus…
— Eh bien, rentrez dans votre loge, Bernier, ordonna Rouletabille, et attendez que je vous appelle!»
Rouletabille poussa la porte du salon du vieux Bob. Tout de suite, nous aperçûmes la Dame en noir, ou plutôt son ombre, car la pièce était encore fort obscure, à peine touchée des premiers rayons du jour. La grande silhouette sombre de Mathilde était debout, appuyée à un coin de la fenêtre qui donnait sur la Cour du Téméraire. À notre apparition, elle n’eut pas un mouvement. Mais Mathilde nous dit tout de suite, d’une voix si affreusement altérée que je ne la reconnaissais plus:
«Pourquoi êtes-vous venus? Je vous ai vus passer dans la cour. Vous n’avez pas quitté la cour. Vous savez tout. Qu’est-ce que vous voulez?»
Et elle ajouta sur un ton d’une douleur infinie:
«Vous m’aviez juré de ne rien voir.»
Rouletabille alla à la Dame en noir et lui prit la main avec un respect infini:
«Viens, maman! dit-il, et ces simples paroles avaient dans sa bouche le ton d’une prière très douce et très pressante… Viens! Viens!… Viens!…»
Et il l’entraîna. Elle ne lui résistait point. Sitôt qu’il lui eût pris la main, il sembla qu’il pouvait la diriger à son gré. Cependant, quand il l’eut ainsi conduite devant la porte de la chambre fatale, elle eut un recul de tout le corps.
«Pas là!» gémit-elle…