—Justement, je voudrais voir où il veut en venir avec moi, fit-elle avec un pauvre sourire. Quel danger voyez-vous à ce que cet homme m'apporte ici le coffret byzantin?… Pouvez-vous l'apporter tout de suite, monsieur Priski?…

—Madame, dans une demi-heure, vous l'aurez!…

—Eh bien, proposa Rouletabille, voilà ce que nous allons faire; moi, je ne vous quitte pas, Ivana, car tout ceci ne me paraît pas clair; mais La Candeur et Vladimir vont accompagner M. Priski jusqu'à l'endroit où se trouve le coffret, et ils reviendront avec l'objet nous retrouver ici!…

—Eh! monsieur, je n'y vois aucun inconvénient, déclara M. Priski, à condition toutefois que je revienne moi-même avec l'objet.

—Croyez-vous que ce soit absolument nécessaire?

—Absolument! Qu'est-ce que je désire, moi?… Remettre l'objet, en mains propres, à son destinataire, comme il m'a été recommandé, puis disparaître. J'aurai fait ma commission!… Vous voyez qu'il n'y avait pas de quoi tant me bousculer pour cela!…

—Qu'en dites-vous? demanda Rouletabille, fort perplexe, en regardant
Ivana.

—C'est un mystère à éclaircir, dit-elle d'une voix glacée; puisque M. Priski consent à suivre le plan que vous avez tracé vous-même, que ces messieurs aillent donc chercher le coffret!

Pendant tout le temps de cette discussion, celui qui eût examiné La Candeur eût pris en pitié le pauvre garçon, tant il était visible que se livrait en lui un combat déchirant entre sa conscience d'une part et la détestation qu'il avait d'Ivana de l'autre.

Enfin, sur l'ordre de Rouletabille, il partit avec Vladimir et M. Priski. Une demi-heure plus tard, tous trois étaient de retour. Ils portaient avec précaution le fameux coffret byzantin, mais La Candeur tenait à peine sur ses jambes.