—Venez, Vladimir, fit-il. Où est La Candeur?

—La Candeur est à l'hôtel du Lion d'Or! lui répondit-on. Aussitôt que nous lui avons parlé des correspondances de Marko, lui aussi a voulu les lire, tu penses!

—Et où est-ce l'hôtel du Lion d'Or?

—Nous allons t'y conduire!…

La mine déconfite de Rouletabille les amusait trop pour qu'ils le lâchassent. Ils l'accompagnèrent tous à l'hôtel.

La première personne que Rouletabille aperçut dans le salon de lecture fut
La Candeur.

Il était penché sur un paquet de journaux qu'il venait de parcourir et achevait de lire un article, les yeux hors de la tête, toute la face congestionnée. Au bruit que les reporters firent en entrant, il leva le front, vit Rouletabille, et l'on put craindre un instant que ce grand garçon ne tombât là, foudroyé, victime d'un coup de sang.

—Ah! bien…, murmura-t-il.

Et c'est tout ce qu'il put dire. Rouletabille se jeta sur les journaux. Il ne fut pas longtemps à se rendre compte du crime. C'étaient ses articles! Les articles de Rouletabille signés Marko le Valaque!

—Quand je vous disais, sous la tente, que notre visiteur nocturne était Marko! s'écria Vladimir, triomphant. C'était lui qui tournait autour de nous pour nous voler nos articles. Il n'est pas capable d'écrire dix lignes. Je le connais bien, moi!… Tout de même, c'est raide!…