L'abbé Porquet s'extasiait sur cet élève qui lui faisait tant d'honneur; Mme de Boufflers était ravie des succès de son fils, elle admirait la variété de ses aptitudes, son humeur originale, la vivacité de ses reparties; Stanislas raffolait de ce jeune homme si bien doué, si gai, dont l'entrain le rajeunissait; il était pour lui plein d'indulgence et il lui passait mille fantaisies. Enhardi par la bonté du Roi, l'abbé s'était mis avec lui sur un pied presque familier.
La jeune muse de Boufflers ne s'attaquait pas seulement aux sujets sérieux; ceux-ci étaient même, il faut l'avouer, l'exception. Un jour c'est sur le singe même de Stanislas que le poète prétend exercer sa verve; mais il a soin de glisser dans son quatrain une délicate flatterie:
Ces climats ne l'ont point vu naître,
Et par un coup du sort, il tomba dans nos mains;
Mais par son amour pour son maître,
Jacko est devenu le singe des Lorrains.
Le Roi, très amusé par la verve du jeune homme, encourage ses essais poétiques, et Boufflers, que le succès rend audacieux, ose composer pour la fête du Roi une chanson qu'il débite à la table royale, aux applaudissements de tous les courtisans:
Chanson
Si l'on cherche un roi qu'on aime (bis),
On peut le trouver ici;