Mais vous plaisez sans y songer.
Vivez donc, n'allez pas tristement vous plonger
Dans les détails de l'éternelle affaire,
Dont le très haut daigna charger
Un angélique et prudent émissaire,
Qui sans vous saura l'arranger.
Comme à l'ordinaire, la cour de Lunéville ne manque pas de visiteurs; leur présence charme le Roi, qui les accueille toujours avec grand plaisir.
La princesse de la Roche-sur-Yon, fidèle à ses habitudes, arrive en Lorraine au mois de mai 1750 et elle partage son été entre Plombières et Lunéville. Stanislas, bien qu'il ne songe pas un instant à donner suite aux étranges projets de sa fille[ [5], fait grand accueil à la princesse, dont l'esprit et la gaîté l'amusent; pour la distraire, il donne des dîners, des spectacles, des feux d'artifice, et il cherche à la retenir près de lui le plus longtemps possible. Pendant son séjour, M. et Mme de Craon, Mmes de Boufflers, de Bassompierre, de Chimay ne quittent pas le Roi et l'aident à faire les honneurs du château.
Il y a quelques nouveaux venus en Lorraine, et notre esquisse de la cour ne serait pas complète si nous n'en faisions un portrait rapide.
D'abord l'évêque de Troyes, Poncet de la Rivière[ [6]. C'est un prélat galant et fort ambitieux. Persuadé que le meilleur moyen de gagner les bonnes grâces du Roi est de faire la cour à Mme de Boufflers, il se déclare aussitôt fort épris de la marquise; mais, à sa grande surprise, ses avances sont repoussées et il en est pour ses frais. Il porte alors ses hommages aux pieds d'autres dames de la cour, et il obtient par leur influence le poste de grand aumônier du Roi de Pologne. Stanislas était flatté, dit Voltaire, d'avoir un évêque à ses gages, et «à de très petits gages».