Puisque Porquet est poète, il est naturel qu'il adresse des vers à son élève, à ses amis, à divers personnages de la cour; mais ce qui est plus étrange, ce qui jette un jour singulier sur toute cette société, sur ses habitudes, sur ses mœurs, c'est qu'il est en commerce poétique avec la mère de son élève, et que tous deux échangent de petits vers galants.
Un soir, après avoir dîné chez l'abbé, Mme de Boufflers compose ces vers pour son amphitryon:
Le dîner, dans la vie, est chose intéressante:
Cher abbé, le vôtre m'enchante.
Vous savez embellir et donner un repas,
Vous faites de bons vers, et servez de bons plats.
L'un, il faut l'avouer, est plus rare que l'autre.
Et tous les deux chez vous se trouvent aujourd'hui.
Partout vous aurez place à la table d'autrui;
Moi, j'en demande une à la vôtre.