Treizième Édition

PARIS
LIBRAIRIE PLON
PLON-NOURRIT ET Cie, IMPRIMEURS-ÉDITEURS
8, RUE GARANCIÈRE—6e

1906

Il y a quelques années, le comte de Ludres, ce remarquable érudit, cet esprit charmant, dont tous les lettrés déplorent la perte, nous signalait l'intérêt qu'il y aurait à écrire une histoire intime de la cour de Lorraine pendant le règne du roi Stanislas.

C'est cet ouvrage que nous mettons aujourd'hui sous les yeux du public.

Nous avons décrit de notre mieux les mœurs de cette petite cour simple et bon enfant, en même temps si gaie et si galante; mais au dernier moment il nous vient un scrupule: certaines de nos lectrices ne vont-elles pas s'alarmer de quelques récits un peu vifs, de quelques passages un peu scabreux? Nous les prions instamment de vouloir bien se rappeler que nous sommes en plein dix-huitième siècle, et que les incartades morales qui aujourd'hui blessent nos mœurs plus réservées n'avaient rien qui fût de nature à effaroucher nos ancêtres. Autres temps, autres mœurs.

Du reste, si nous sommes resté fidèle à notre principe de dépeindre en toute sincérité la société dont nous nous occupions sans plus en dissimuler les vilains côtés que les beaux, nous nous sommes efforcé de traiter les sujets délicats dans une langue prudente et chaste, et nous espérons bien ne choquer personne.