Cependant l'amélioration persistait et tout faisait espérer la fin de ces pénibles accidents.

Le chevalier écrit à Mme de Boisgelin:

«Ce lundi 29.

«Tout va bien, ma fille, et je commence à espérer une guérison prochaine et parfaite. Les accidents sont moindres de jour en jour; les mauvais jours sont déroutés. Hier devait en être un et c'est le meilleur que nous ayons eu depuis le retour et même depuis longtemps avant le voyage. Nous devions prendre aujourd'hui un grain d'ipécacuanha, mais nous avons jugé à propos de retarder jusqu'au moment où le besoin serait plus indiqué, car, quand la nature suffit à la guérison, il ne faut point y joindre la pharmacie...»

(De la main de Mme de Boufflers.)

«J'ai été désolée, ma bonne fille, en lisant votre lettre du 25; je me suis presque reproché de me porter si bien. Chargez-vous de donner de mes nouvelles à votre oncle et à votre tante, parce que j'écris alternativement à l'un de vous trois.»

Enfin l'on est complètement maître de la maladie:

«Rassure-toi pleinement, ma chère fille, mande le chevalier à sa sœur, la journée s'est encore très bien passée; il ne reste presque plus de crachements, aucune angoisse, aucune douleur, très peu de goût de levain dans la gorge et à peine un faible ressentiment de l'embarras dans les intestins. Je compte que demain ou après la maladie sera non seulement guérie mais même oubliée, car un jour peut plus dans la convalescence de ma mère qu'un mois ne ferait dans celle de tout autre. Encore une fois, plus d'inquiétudes ni de scrupules, on n'a plus besoin de toi, quoiqu'on t'aime à la folie.»

Dès qu'il a appris la maladie si grave de Mme de Boufflers, Panpan, moins égoïste que d'habitude, est accouru pour tenir compagnie à son amie. Aussi est-ce à lui que s'adressent les intimes de la maison pour avoir des nouvelles; presque chaque jour il envoie un bulletin à la «céleste» Durival.

Mme de Brancas n'est guère moins anxieuse, elle charge Cerutti de demander en hâte des nouvelles. Mais Mme de Boufflers est déjà hors d'affaires et dans son ravissement, c'est en vers que Panpan répond à la demande de Cerutti: