A ce chapeau;
Mais en vain mon talent s'éprouve
Sur ce chapeau,
Je n'ai pas tout l'esprit qu'on trouve
Sous ce chapeau.
«Adieu, s'il me restait de la place, j'en ferais pour vous[ [48].»
Les poésies légères de Boufflers, que Chamfort comparait plaisamment à des «meringues», lui avaient valu de Saint-Lambert le surnom de «Voisenon-le-Grand». Elles n'avaient pas une véritable valeur, mais elles étaient spirituelles, pour la plupart, et agréablement tournées. Il les prodiguait du reste sans compter, les semait à tort et à travers, riant lui-même de leurs imperfections, sans nul souci de sa réputation et de la postérité.
«Comment discuter le genre du chevalier de Boufflers, qui est de n'en pas avoir, disait encore le prince de Ligne; il n'a jamais fait de vers pour en faire, mais il a saisi le trait, le sel, le mot, le piquant et le côté plaisant dans les vers de société, dont il est le dieu. Il a une négligence charmante, de la gaîté dans chaque vers, des bêtises pleines d'esprit, et le meilleur ton même dans le mauvais ton qui ne se fait pas sentir; enfin, il a une manière à lui tout seul de dire, et de ne dire que ce qu'il veut.»
Tout pour Boufflers, même les sujets les plus sacrés, est prétexte à chansons. Un soir à l'Isle-Adam, pendant la messe de minuit, n'a-t-il pas la fâcheuse inspiration de composer des couplets sur l'événement du jour, et l'idée plus fâcheuse encore de les chanter ensuite à la table du prince de Conti:
NOEL