«Français,
«La population de Paris offre en ce moment un spectacle unique au monde.
«Une ville de deux millions d'âmes, investie de toutes parts, privée jusqu'à présent, par la criminelle incurie du dernier régime, de toute armée de secours, et qui accepte avec courage, avec sérénité, tous les périls, toutes les horreurs d'un siège.
«L'ennemi n'y comptait pas. Il croyait trouver Paris sans défense; la capitale lui est apparue hérissée de travaux formidables, et, ce qui vaut mieux encore, «défendue par 400,000 citoyens qui ont fait d'avance le sacrifice de leur vie.
«L'ennemi croyait trouver Paris en proie à l'anarchie; il attendait la sédition, qui égare et qui déprave; la sédition, qui, plus sûrement que le canon, ouvre à l'ennemi les places assiégées,
«Il l'attendra toujours. Unis, armés, approvisionnés, résolus, pleins de foi dans la fortune de la France, les Parisiens savent qu'il ne dépend plus que d'eux, de leur bon ordre et de leur patience, d'arrêter pendant de longs mois la marche des envahisseurs.
«Français! c'est pour la patrie, pour sa gloire, pour son avenir, que la population parisienne affronte le fer et le feu de l'étranger.
«Vous qui avez déjà donné vos fils, vous qui nous avez envoyé cette vaillante garde mobile, dont chaque jour signale l'ardeur et les exploits, levez-vous en masse, et venez à nous; isolés, nous saurions sauver l'honneur; mais avec vous, et par vous, nous jurons de sauver la France!»
Paris, le 7 octobre 1870.
DÉCRET CONCERNANT LES DÉPÊCHES PAR PIGEONS.
Journal officiel de Paris.
10 novembre 1870.