—Retirez-vous, dit-il insolemment, et il ferme la porte au nez de nos marins qui viennent nous rejoindre. Nous commençons à nous fâcher tout rouge.
—Ouvrez de suite, disons-nous, ou la porte vole en éclats.
Et voilà nos marins qui frappent au dehors avec violence. Le patron se décide à ouvrir, il est furieux.
—Je vais aller chercher le poste, dit-il. D'ailleurs, qui êtes-vous? Je ne vous connais pas.
—Votre insolence nous dispenserait de vous donner d'explication, mais voici nos papiers bien en règle qui vous montreront d'où nous venons. Maintenant, rappelez-vous que nous sommes ici quatorze hommes bien décidés, forts de notre droit et de notre argent, à prendre l'asile et le dîner que vous refusez.
Cette menace ne produit pas mauvais effet. La patronne est descendue, elle appelle son mari dans la cuisine; la bonne arrive. Il se tient là un petit conseil de guerre qui se termine en notre faveur.
Le maître d'hôtel se décide à allumer un grand feu, à nous servir un excellent repas que nous dévorons avec un appétit de naufragés. Il nous fait chauffer du café, nous causons en fumant jusqu'à quatre heures du matin, heure à laquelle nous reprenons un train qui nous transporte à Tours.
IV
Organisation définitive des aérostiers militaires à Tours.—Expérience d'une montgolfière captive.—Expédition de Blois.— M. Gambetta et le chef de gare.—Nouvelle défaite.—Tours et le Mans.—Le camp de Gonlie.—Ascensions captives.
Du 6 au 20 décembre 1870.