Narration.

Pendant que M. Comtois regrettait de ne pouvoir être philosophe, son maître se promenait. Il revenait, à l'entrée de la nuit, en compagnie d'un garde-chasse qu'il avait rencontré et qui lui était fort utile pour retrouver le chemin du manoir de Mauzères, lorsqu'en passant au bas d'un petit coteau couvert de vignes, il remarqua une faible lueur qui blanchissait ce court horizon.

—Est-ce la lune qui se lève? demanda-t-il à son guide.

Le guide sourit.

—Je ne crois pas, dit-il, que la lune se lève du côté où le soleil se couche.

—C'est juste, dit d'Argères en riant tout à fait de son inattention. Qu'est-ce donc que cette clarté?

—Ce n'est rien. C'est une maison qui est par là tout juste au revers du coteau. C'est la maison de la Désolade.

La Désolade? Voilà un nom bien triste.

—Dame! c'est un nom qu'on lui a laissé comme ça dans le pays, à cause de la pauvre dame qui y reste. C'est une jeune femme très-jolie, ma foi, qui a perdu son mari après six mois de mariage et qui ne peut pas se consoler. Elle est malade et comme égarée par moments. On a même peur qu'elle ne devienne folle tout à fait.

—Attendez! reprit d'Argères, qui, en suivant son guide sur le sentier, s'était un peu rapproché de la demeure invisible, je crois que j'entends de la musique.