Et pourtant que le parfum d'un pur amour est suave! Qu'il est doux de se reposer des soucis de la vie active sur un coeur sincère et fidèle! Qu'ils sont rares, ceux qui savent, ceux qui peuvent aimer! holocaustes toujours embrasés, ils se consument en montant vers le ciel. Nous pouvons à toute heure chercher sur leur autel la chaleur qui manque à notre âme épuisée, nous la trouvons toujours vive et brillante. Leur sein est un mystérieux sanctuaire où le feu sacré ne s'éteint jamais; s'il s'éteignait, le temple s'écroulerait comme un monde sans soleil. L'amour est en eux le principe de la vie. Ils pâlissent, ils souffrent, ils meurent, si on froisse leur tendresse délicate et timide. Dites un mot, accordez un regard, ils renaissent, leur sein palpite de joie, leur bouche a de douces paroles de reconnaissance pour bénir, et leurs caresses sont ineffables. Aldo, il n'y a que toi qui saches aimer, et pourtant il est des jours où tu m'ennuies mortellement.

SCÈNE III.

LA REINE, ALDO.

ALDO.

Que veux-tu de moi, ma bien-aimée?

LA REINE.

Je voulais te voir et être avec toi.

ALDO.

Êtes-vous triste, êtes-vous fatiguée? Voulez-vous que je chante? Que puis-je faire pour vous?

LA REINE.