—Oh! je ne sais, dit-elle avec un peu d'embarras. Je crois que je ne pourrai pas. Je ne vous suis pas moins reconnaissante, monsieur.
—Allons! allons! voilà tes scrupules, Geneviève, dit Henriette. C'est ridicule, ma chère. Comment, tu ne peux pas venir avec nous quand les demoiselles Marteau y viennent?
—Ces demoiselles, lui dit tout bas Geneviève, sont sous la garde de leur frère.
—Eh! mon Dieu! dit tout haut Henriette, tu seras sous la mienne. Ne suis-je pas une fille majeure, établie, maîtresse de ses actions? Y a-t-il, n'importe où, n'importe qui, assez malappris pour me regarder de travers? Est-ce qu'on ne se garde pas-soi-même d'ailleurs? Tu es ennuyeuse, Geneviève, toi qui pourrais être si gentille! Allons, tu viendras, ma petite! Mesdemoiselles, venez donc la décider.
—Oh! oui! oui! Geneviève, tu viendras, dirent toutes les petites filles; nous n'irons pas sans toi.
Justine, l'aînée des filles de la maison, passa son bras sous celui de Geneviève en lui disant:
«Je vous en prie, ma chère, venez-y.» Et elle ajouta, en se penchant à son oreille: «Vous savez que je ne puis causer qu'avec vous.
—Eh bien! j'irai, dit Geneviève toute confuse, puisque vous le voulez absolument.
—Comme vous êtes aimable! dit Justine.
—Oh! ne vous y fiez pas! s'écria Henriette; voilà comme elle fait toujours. Elle promet pour se débarrasser des gens, et au moment de partir elle trouve mille prétextes pour rester. C'est une menteuse: faites-lui donner sa parole d'honneur.