MARIE, (à voix basse.) Ah! Je suis heureuse de vous revoir, monsieur Henri! Vous allez me dire si Louise et son père ont pu s'échapper. Je suis dévorée d'inquiétude!
HENRI. Ils sont en fuite.
MARIE. On ne les poursuit pas?
HENRI. Nous avons fait notre devoir. La nuit nous a empêchés d'aller plus loin.
MARIE. Mais, demain, vous les poursuivrez encore... Ah! que vous devez souffrir, vous!
HENRI. Demain, mon détachement se porte sur un autre point. Je n'aurai pas la douleur de frapper moi-même... Mais il s'agit de vous... Vous savez qu'on va vous envoyer...
MARIE. Je sais, je vois, je suis perdue, moi!
HENRI. Non, vous invoquerez l'appui de votre cousin.
MARIE. Quand même on m'en laisserait le temps, je n'aurais pas recours à lui. Si je suis gravement compromise, comme je le pense, je ne veux pas le compromettre. Il est l'unique appui de ma pauvre famille, il est une des gloires, une des forces de la patrie. Au besoin, je nierais notre parenté pour le préserver du soupçon.
HENRI. Appelez-moi en témoignage, au moins.