LE COLONEL, (aux fantassins.) Laissez ce malheureux.
UN FANTASSIN. Colonel, on l'a pris les armes à la main. Il ne s'est pas rendu.
LE COLONEL. Il est criblé de blessures. Laissez-le respirer. (Les fantassins quittent les bras du comte, qui tombe aussitôt épuisé.) Voyez, mes enfants, il se meurt! vous n'achevez pas les agonisants?
LES FANTASSINS. Non, non! pas nous! (Ils s'éloignent et vont se joindre aux cavaliers, qui essuient leurs cheveaux couverts de sueur, de sang et de boue.)
LE COMTE. Adieu, chère France! c'est ma fin et celle de la guerre! (Voyant Henri, qui, à genoux près de lui, le soutient dans ses bras.) Qui donc est là?
HENRI. Moi, ne me maudissez pas!
LE COMTE. Henri!... tu as fait ton devoir; moi, j'ai cru faire le mien. J'ai hâté l'agonie de mon parti... Je le savais; on réclamait mon sang... je l'ai donné. La France ne veut plus de nous. Que sera l'avenir? Henri, où est ma fille?
HENRI. Sauvée... avec Saint-Gueltas.
LE COMTE. Sois généreux, elle l'aime.
HENRI. Je le sais.