ROXANE. Oui, toi, j'en mettrais ma main au feu; tu as toujours su profiter du malheur des autres. Tu aurais aidé à brûler notre château, si tu n'avais pas espéré que la Vendée triompherait. A présent que tu la crois anéantie, tu regrettes bien de n'avoir pas pris ta part à la destruction de notre pauvre manoir.

REBEC. Au diable votre manoir! C'est lui qui me force à me cacher, à m'exiler de mes pénates!

ROXANE. Bah! tu auras fait danser l'anse du panier, monsieur le gardien du séquestre! et la République, qui veut tout garder pour elle, t'aura chassé! C'est la seule bonne chose qu'elle aura faite.

REBEC, (à Corny qui écoute.) Oh! elle est méchante, la vieille! (A Roxane.) Citoyenne Marie-Jeanne, vous êtes sujette aux propos séditieux. Faites attention à vous, ou je me verrai forcé de sévir et de vous faire arrêter.

ROXANE. Je t'en défie! Tu sais bien que les princes sont en France... et pas loin d'ici!

REBEC. Savoir!

ROXANE. C'est tout su. Nous sommes mieux informés que toi!

REBEC, (à part.) Si c'était vrai! (A Corny, bas.) Je m'en vas pour ne pas me quereller. Envoyez-la souvent coucher au moulin, celle-là; elle en a besoin. (Il sort, Corny le reconduit.)

SCÈNE IV.--ROXANE, LA TESSONNIÈRE, puis LOUISE.

LA TESSONNIÈRE, (qui lit son journal avec des lunettes d'or.) Qu'est-ce que vous disiez donc, que les princes...?