REBEC. Vite, vite!... permettez, monsieur Henri. Ce que vous voulez faire est une trahison envers la République!
HENRI. Ah! tu as des scrupules, à présent?
REBEC. J'en ai... j'en ai pour vous! Vous n'en avez donc plus?
HENRI. Quant à cela, non! Ce n'est plus la guerre, c'est-à-dire le besoin de se défendre; c'est la persécution, c'est-à-dire le besoin de se venger. Malheureusement, je n'ai ni temps ni fortune, ni liberté d'agir pour assurer la fuite de ces deux femmes; mais je peux faire qu'elles soient averties de quitter la France et de mettre à leur disposition le peu que j'ai. Tu vas me dire où elles sont, et j'y cours.
REBEC. Vous auriez grand tort d'attirer l'attention sur elles. Elles ont plus d'argent que vous. Saint-Gueltas leur en a fait tenir, et c'est en Angleterre qu'elles se proposent d'aller.
HENRI. Est-ce bien vrai, ce que tu dis là?
REBEC. Je vous jure! Voulez-vous que, pour plus de sécurité, j'envoie un exprès après elles, pour leur dire de filer vite?
HENRI. Vas-y toi-même!
REBEC. Oh! moi, un municipal, pas possible! mais le fermier ira.
HENRI. Vite alors! Tiens! voilà pour payer son déplacement.