CADIO. Non, laissez-le. C'est fini, ça! Un sabre, c'est un sabre que je veux! (Ils s'en vont. On continue à chanter et à danser dans la maison.)

TROISIÈME TABLEAU

Un îlot couvert d'une épaisse oseraie.--Saint-Gueltas et Louise abordent, et descendent d'une barque que conduit un paysan batelier.

SCÈNE PREMIÈRE.--SAINT-GUELTAS, LOUISE, un Batelier.

SAINT-GUELTAS, (au batelier.) Va plus loin remiser ton bachot, cache-le bien et attends-nous. (Le batelier obéit.)

LOUISE, (sur la grève.) Mon Dieu, pourquoi nous arrêter déjà?

SAINT-GUELTAS. Je n'ai pas voulu vous effrayer, mais nous étions suivis.

LOUISE. Vous en êtes sûr? Je n'ai rien vu! C'est peut-être nos compagnons!...

SAINT-GUELTAS. Impossible! Raboisson doit conduire à cheval votre tante et M. de la Tessonnière un peu plus loin. Venez, venez! Ne restons pas sur la rive. La nuit est claire. Par là, les buissons nous cacheront, si l'on s'obstine à nous suivre; mais j'espère qu'on nous a perdus de vue. (Ils ont gagné le milieu de l'îlot.) Tenez, voici une hutte de roseaux où j'ai déjà échappé une fois aux recherches. Vous pouvez vous étendre sur le sable sec et vous reposer, bien roulée dans mon manteau. Entrez, il fait froid.

LOUISE. Non, je ne sens pas le froid. Je suis aguerrie. J'ai passé plus d'une nuit d'hiver dans les genêts pour déjouer les perquisitions. Je resterai ici, assise. Personne ne peut me voir.