MARIE, (tressaillant.) Voilà Cadio prêt à partir. Il vous attend.
HENRI. Déjà, mon Dieu!
MARIE. Henri, chaque moment qui va s'écouler, chaque pas que vous allez faire nous rapprochera du bonheur, et mériter le bonheur, c'est le posséder déjà.
HENRI. Allons, je partirai sans faiblesse! je vais vivre du souvenir de cette heure enchantée!--Adieu, Marie! laisse-moi baiser l'écorce de cet arbre qui a entendu nos serments et abrité notre joie; je voudrais remercier et bénir de même toutes les herbes et toutes les fleurs de ce lieu charmant pour t'y faire retrouver partout la trace de mes lèvres et les parfums d'un amour digne de toi!
SEPTIÈME PARTIE
PREMIER TABLEAU
12 septembre 1794.--Au château de la Rochebrûlée, bâti sur une crête rocheuse entre les marais salants, au midi de la Loire.
SCÈNE PREMIÈRE.--SAINT-GUELTAS, LOUISE, dans un petit salon qui fait partie de l'appartement de Louise et de sa tante. (Louise est assise dans l'embrasure d'une fenêtre et regarde la mer. Saint-Gueltas entre.)
SAINT-GUELTAS. Eh bien, ma chère, vous ne songez pas à vous habiller?