CADIO. Je le sais; mais ce mariage-là ne compte pas sans l'autre, et l'autre n'est pas détruit par celui-là. Votre seul mari, c'est moi, Louise de Sauvières, et il ne me convient pas, je le répète, de vous laisser vivre avec un amant!

SAINT-GUELTAS, (ironique.) Si cela est, il est temps de vous en aviser, monsieur Cadio!

CADIO. Il n'y a pas de temps perdu. Il n'y a pas une heure que je sais la validité de mon mariage avec elle. (Il rouvre la porte et fait un signe. Rebec paraît.) Venez ici, vous, avancez! (Rebec entre, un peu troublé; Cadio referme la porte.) Parlez! qu'est-ce que vous venez de me dire?

ROXANE. Ah! c'est lui?... Qu'est-ce qu'il dit, qu'est-ce qu'il prétend, ce coquin-là?

REBEC, (reprenant de l'assurance.) J'ai dit la vérité. Le mariage est légal, les actes sont en règle, et les vrais noms des parties contractantes y sont inscrits.

CADIO. Montrez la copie.

REBEC, (la remettant à Henri.) Ce n'est qu'une copie sur papier libre; mais on peut la confronter avec la feuille du registre de la commune dont j'étais l'officier municipal.

ROXANE. Mais cette feuille a été déchirée!

REBEC. Elle ne l'a pas été.

ROXANE. C'est une infamie! Alors, moi...?