RABOISSON. J'ai peur de comprendre! Es tu déjà épris de mademoiselle de Sauvières?

SAINT-GUELTAS. Comme un fou!

RABOISSON. Allons donc!

SAINT-GUELTAS. Quoi d'étonnant? L'amour naît d'un regard, et un regard, c'est la durée d'un éclair.

RABOISSON. Diable! tu as dit que tu ne te mariais pas, et pour cause! Mais cette fille est pure, son père est mon ami, et elle est fiancée à un jeune cousin...

SAINT-GUELTAS. Un cousin, c'est de rigueur. On le fera oublier!

RABOISSON. Il défendra ses droits.

SAINT-GUELTAS. Les armes à la main? Eh bien, on le tuera. Allons au plus pressé! (Il va au comte.) Monsieur de Sauvières, votre adorable fille m'a donné une bonne leçon. Je suis devenu un sauvage dans cette guerre sauvage; il faut pardonner à la rudesse de mes manières. Ces messieurs (montrant Stock, le chevalier et Raboisson) m'ont déjà fait grâce; ils viennent avec moi de leur plein gré.

LE COMTE. Alors, c'est de leur plein gré qu'ils me rangent sur la liste des traîtres et m'envoient à la mort?

RABOISSON. Nous prendrons de telles précautions, que vous ne serez pas compromis.