SAINT-GUELTAS. Ah! généreuse amie!... Viendras-tu avec moi?

LOUISE. Jamais! Fuyez!

SAINT-GUELTAS, (voyant Cadio.) Ah! ah! je comprends! Je n'accepte pas!... Monsieur Cadio, je vous remercie; mais j'ai fait serment à mes amis de retourner mourir avec eux. J'y vais, ne vous en déplaise! (Il s'élance vers la rivière, s'y jette en plongeant, échappe aux balles des soldats embusqués, traverse la palude sans que les soldats de la prairie qui le couchent en joue tirent sur lui, et, remontant le talus, va prendre son rang auprès de Raboisson pour être fusillé, aux acclamations des prisonniers et des soldats. Raboisson lui serre la main. Au moment où ils tombent, on entend le cri de Vive le roi! et un coup de fusil plus loin derrière eux.)

UN SOUS-OFFICIER. Qu'est-ce que c'est, nom de...?

UN SOLDAT. C'est Stock qui s'est brûlé la cervelle, mon caporal. Faites pas attention. C'était un Suisse; il avait le mal du pays!

SCÈNE VII.--LOUISE, CADIO. (Dans le bois.--Cadio et Motus ont porté Louise évanouie sur l'autre versant de la colline.)

LOUISE, (revenant à elle.) Ah! Dieu! C'est fini?

CADIO. Vous êtes libre, mademoiselle. Saint-Gueltas n'est plus, et voici tout ce qui vous liait à moi! (Il lui remet les feuilles du registre que lui a confiées la mère Corny, et s'éloigne précipitamment en faisant signe à Motus d'accompagner Louise où elle voudra.)

SCÈNE VIII.--MARIE, ROXANE, LOUISE, HENRI. (Midi.--Dans les ruines d'un couvent entre Carnac et Auray.)

MARIE. Oui, laissons passer la grande chaleur. Louise a besoin d'une heure de repos. Ici, nous aurons l'ombre et la solitude.