LOUISE. Celui qui le tient? qui donc?

LA KORIGANE. C'est Saint-Gueltas, pardi! ne faites donc pas semblant...

MARIE, (à Louise, bas.) Ne répondez pas à cette folle. Je monterai votre cheval. Acceptez celui qu'on vous offre, puisqu'il est meilleur.

LOUISE, (à la Korigane.) Dites à mon père que je l'attends en bas. (Elle sort avec Marie.)

LA KORIGANE. Oui, oui, marche! Où le cheval ira, il faudra que tu ailles, et où Saint-Gueltas te conduit, il faudra bien que ton père te suive! Il a gagné son pari, Saint-Gueltas! La fille lui plaît. Et moi... il ne m'a pas seulement regardée!... Qu'est-ce que je vais devenir à présent? Voyons, si je peux retrouver Cadio! (Elle sort.)


DEUXIÈME PARTIE

Fin de l'été, 1793.--La salle à manger du château de Sauvières. La grande porte du fond est ouverte sur le parc, dont la grille porte cette inscription: PROPRIÉTÉ NATIONALE.

SCÈNE PREMIÈRE.--REBEC est attablé avec MOUCHON et CHAILLAC; MADELON et JAVOTTE, servantes de Rebec les servent. Flambeaux allumés, il fait nuit dehors. La table est richement servie.

MOUCHON. Brrr!... La nuit est noire... et pas chaude, savez-vous?