—Monsieur le marquis m'a donné sa parole de rentrer à neuf heures, et il est neuf heures et demie.

Le marquis sembla s'éveiller d'un rêve, il regarda son serviteur en cheveux blancs avec une sorte de crainte enfantine:

—Tu viens m'ennuyer, toi? lui dit-il d'un air hébété; tu me payeras ça!

—Oui, à la maison, je veux bien; mais venez.

—Vieille bête! je cède pour aujourd'hui; mais demain….

Dubois l'emmena sans qu'il fit résistance. Bertrand les suivit, toujours disposé à prêter main-forte au besoin. Nous restâmes muettes à les suivre tous trois des yeux; puis, ayant vu le marquis monter dans sa voiture, Bertrand revint pour nous dire:

—Il est parti.

—Bertrand, lui dit Césarine, s'il arrive à M. de Rivonnière de se présenter encore chez moi en état d'ivresse, dites-lui que je n'y suis pas et empêchez-le d'entrer.

—M. le marquis n'est pas ivre, répondit Bertrand de son ton magistral, et, d'un geste expressif et respectueux, m'engageant à tout expliquer, il se retira.

—Qu'est-ce qu'il veut dire? s'écria Césarine.