—Voilà tout ce que tu as à me dire?

—C'est tout.

—Il a voulu nous brouiller alors, il m'a condamnée à rougir devant toi!
Il croit que je supporterai ton blâme!

—Tu ne dois pas le supporter, je vais vivre avec ma famille.

—C'est bien, répliqua-t-elle d'un ton sec; et elle alla s'enfermer dans sa chambre, d'où elle ne sortit que le soir.

Je fis mes derniers préparatifs et mes adieux à M. Dietrich sans lui laisser rien pressentir encore. Je prétextais une absence de quelques mois en vue du rétablissement de ma nièce. Nous étions à l'hôtel Dietrich, où Césarine avait dit à son mari vouloir passer la journée pour préparer son départ du lendemain; elle en laissa tout le soin à sa tante Helmina, et, après avoir été toute l'après-midi enfermée sous prétexte de fatigue, elle vint dîner avec nous; elle avait tant pleuré que cela était visible et que son père s'en inquiéta; elle mit le tout sur le compte du chagrin qu'elle avait de quitter la maison paternelle et nous accabla de tendres caresses.

Le lendemain, elle partait seule avec son mari, et j'allai m'établir rue de Vaugirard. Comme je quittais l'hôtel, je fus surprise de voir Bertrand qui me saluait d'un air cérémonieux.

—Comment, lui dis-je, vous n'avez pas suivi la marquise?

—Non, mademoiselle, répondit-il, j'ai pris congé d'elle ce matin.

—Est-ce possible? Et pourquoi donc?