Césarine s'aperçut vite de ce rassérènement et de l'émotion qui l'avait précédé.
—Qu'as-tu donc? me dit-elle dès que je fus rentrée; tu es restée longtemps, et tu as pleuré.
Je le niai.
—Tu me trompes, dit-elle; ton neveu doit être revenu… malade peut-être? mais il est hors de danger, cela se voit dans tes yeux.
—Si mon neveu était tant soit peu malade, même hors de danger je ne serais pas rentrée du tout. Donc ton roman est invraisemblable.
—J'en chercherai un autre, dix autres s'il le faut, et je finirai par trouver le vrai. Il y a eu ce matin un drame dans ta vie, comme on dit.
—Eh bien! peut-être, répondis-je, pressée que j'étais de détourner de Paul, une fois pour toutes, ses préoccupations. Mon neveu m'a causé aujourd'hui une grande surprise. Il m'a révélé qu'il était marié.
—Ah! la bonne plaisanterie! s'écria Césarine en éclatant de rire, bien qu'elle fût devenue très-pâle; voilà tout ce que tu as imaginé pour me dégoûter de lui? Est-ce qu'il aurait pu se marier sans ton consentement?
—Parfaitement! Il est majeur, émancipé de ma tutelle.
—Et il ne t'aurait pas seulement fait part de son mariage, ce modèle des neveux?