«Ce château a l'air très-respectable, dit-il; et si j'en avais le temps, j'aurais envie d'aller demander à déjeuner aux géants qui l'habitent.

—Oh! n'y essayez pas, répondit le guide en secouant la tête. Les
Rudolstadt ne reçoivent que les mendiants ou les parents.

—Pas plus hospitaliers que cela? Le diable les emporte!

—Écoutez donc! c'est qu'ils ont quelque chose à cacher.

—Un trésor, ou un crime?

—Oh! rien; c'est leur fils qui est fou.

—Le diable l'emporte aussi, en ce cas! Il leur rendra service.»

Le guide se mit à rire. Anzoleto se remit à chanter.

«Allons, dit le guide en s'arrêtant, voici le mauvais chemin passé; si vous voulez remonter à cheval, nous allons faire un temps de galop jusqu'à Tusta. La route est magnifique jusque là; rien que du sable. Vous trouverez là la grande route de Prague et de bons chevaux de poste.

—Alors, dit Anzoleto en rajustant ses étriers, je pourrai dire: Le diable t'emporte aussi! car tes haridelles, tes chemins de montagne et toi, commencez à m'ennuyer singulièrement.»