—Et … vous n'êtes pas veuve? Vous n'avez pas d'enfants?
—Je ne suis pas veuve, et je n'ai pas d'enfants, répondit Consuelo qui eut fort envie de rire, ne sachant où le comte voulait en venir.
—Enfin, reprit-il, vous n'avez engagé votre foi à personne, vous êtes parfaitement libre?
—Pardon, monseigneur; j'avais engagé ma foi, avec le consentement et même d'après l'ordre de ma mère mourante, à un jeune garçon que j'aimais depuis l'enfance, et dont j'ai été la fiancée jusqu'au moment où j'ai quitté Venise.
—Ainsi donc, vous êtes engagée? dit le comte avec un singulier mélange de chagrin et de satisfaction.
—Non; monseigneur, je suis parfaitement libre, répondit Consuelo. Celui que j'aimais a indignement trahi sa foi, et je l'ai quitté pour toujours.
—Ainsi, vous l'avez aimé? dit le comte après une pause.
—De toute mon âme, il est vrai.
—Et … peut-être que vous l'aimez encore?…
—Non, monseigneur, cela est impossible.