—Déjà! c'est une folle! Elle veut se tuer cette diablesse-là!

—Non, monsieur le chanoine, dit Consuelo, elle ne veut pas se tuer, et elle ne se tuera pas.

—Eh bien, André, que faites-vous là d'un air cérémonieux? dit le chanoine à son valet.

—Monsieur le révérend, c'est que la mère Berthe refuse de me remettre la corbeille; elle dit qu'elle ne la remettra qu'à vous, et qu'elle a quelque chose à vous dire.

—Allons, c'est un scrupule ou une affectation de dépositaire. Fais-la entrer, finissons-en.»

La vieille femme fut introduite, et, après avoir fait de grandes révérences, elle déposa sur la table une grande corbeille couverte d'un voile. Consuelo y porta une main empressée, tandis que le chanoine tournait la tête vers Berthe; et ayant un peu écarté le voile, elle le referma en disant tout bas à Joseph:

«Voilà ce que j'attendais, voilà pourquoi je suis restée. Oh! oui, j'en étais sûre: Corilla devait agir ainsi.»

Joseph, qui n'avait pas eu le temps d'apercevoir le contenu de la corbeille, regardait sa compagne d'un air étonné.

«Eh bien, mère Berthe, dit le chanoine, vous me rapportez les objets que j'ai prêtés à votre hôtesse? C'est bon, c'est bon. Je n'en étais pas en peine, et je n'ai pas besoin d'y regarder pour être sûr qu'il n'y manque rien.»

—Monsieur le révérend, répondit la vieille, ma servante a tout apporté; j'ai tout remis à vos officiers. Il n'y manque rien en effet, et je suis bien tranquille là-dessus. Mais cette corbeille, on m'a fait jurer de ne la remettre qu'à vous, et ce qu'elle contient, vous le savez aussi bien que moi.