—Oh! oh! à la bonne heure! Celle-ci est belle, et, dans mes meilleurs jours d'appétit, je pense qu'une douzaine me suffirait.

—Aussi nous l'appelons gigantea. En voulez-vous de plus petites? Voici une prétendue variété que je ne crois pas être autre chose que l'arcuata dans son âge tendre. En voulez-vous un plat? On la trouve à foison dans le sinémurien.

—Merci! il me faudrait un cure-dent pour les tirer de leur coquille et trente-six heures à table pour m'en rassasier.

—Eh bien, voici l'ostrea cymbium, du lias moyen.

—C'est trop gros, ce doit être coriace.

—Aimez-vous mieux marshii cristagalli, du bajocien?

—Elle est jolie; mais le moyen d'ouvrir toutes ces dentelures en crête de coq? Vraiment, tout ce que vous me montrez ne vaut pas le diable!

—Monsieur n'est pas content de mes échantillons? Voici pourtant la gregaria, dont la dentelure est merveilleuse, et que vous auriez pu trouver dans les falaises de marne du Calvados. Mais passons quelques espèces, puisque vous êtes pressé. Traversons l'oolithe. N'accorderez-vous pas pourtant un regard à ostrea virgula, du kimmeridge clay?

—Pas de virgule! m'écriai-je impatienté de ces noms barbares. Passez, passez!

—Eh bien, monsieur, nous voici dans les terrains crétacés. Voici ostrea couloni, des grès verts, une belle huître, celle-là, j'espère! Voici aquila (du gault) encore plus grosse; flabellata frons, carinata, avec sa longue carène. Mangeriez-vous bien la douzaine? J'en passe, et des meilleures; mais voici la merveille, c'est l'ostrea pes-leonis de la craie blanche. Celle-ci ne vous dit-elle rien?