Votre pays est très beau le long du Rhône. Cette navigation est magnifique. Du reste; vos villes de Lyon, Avignon et Marseille sont stupides. Je ne voudrais pas les habiter en peinture, et je remercie le ciel de pouvoir m'en sauver bientôt. Marseille est absolument tel que vous me l'avez dépeint. Il faut faire une lieue pour voir la mer et le port ressemble assez à la mare aux canards à Nohant.
Il y fait déjà un temps charmant et des matinées qui valent nos journées d'avril.
Adieu, mon cher ami. Je vous recommande bien de me donner des nouvelles de mon mioche et de me remplacer auprès de lui. Je ne sais vraiment pas comment s'arrangerait ma vie si je n'avais pas votre bonne amitié et votre éternelle complaisance pour m'aider et me tranquilliser Adieu; je vous embrasse.
Tout à vous,
AURORE D.
CXI
A M HIPPOLYTE CHATIRON, A PARIS
Venise, 16 mars 1834.
Mon ami,
Je te remercie de ta lettre. Ton souvenir, malgré tout, me fait toujours plaisir. J'ai tardé à te répondre, parce que je viens de faire une maladie assez grave. Je suis bien à présent, et, au moment de quitter l'Italie, je commence à m'y acclimater. J'y reviendrai; car, après avoir goûté de ce pays-là, on se croit chassé du paradis quand on retourne en France. Voilà l'effet que cela me fera.