Vous me parlez de Beautin, de Marphyrius et de Jouffroy. Je n'ai jamais entendu parler de ces gens-là. Je n'ai rien lu de ma vie, je ne sais que ce que j'ai vu matériellement. En lisant votre lettre, je m'étonnais (le mot est modeste) de votre incommensurable supériorité sur moi. Faites-en donc profiter le monde, vous le devez. Franz doit vous y engager; moi, je vous en supplie.
Bonjour, ma douce et belle cénobite. Je vous écrirai une longue lettre bien bête, et bien bonne enfant, à la première journée de repos et de liberté que j'aurai.
Je vous aime tendrement, quoique vous soyez capable de m'empoisonner. Heureusement que je n'ai pas peur de M. Franz, et que, s'il avait une pareille idée, je le tuerais d'une chiquenaude. Il est vrai que vous me tueriez après, et que je n'en serais pas plus avancée. Espérons que la destinée nous préservera de ces catastrophes étranges, que Ballanche appellerait… Ah! ma foi, je ne me souviens plus du mot.
Dites à Franz que j'ai lu Orphée ces jours-ci, et que je suis tombée dans des extases incroyables. C'est le premier ouvrage de Ballanche que je lis. Je ne comprends pas tout; mais ce que je comprends m'enchante. On prétend ici que cela me rendra tout à fait imbécile. Je ne demande pas mieux, pourvu que vous ne m'abandonniez pas dans le malheur.
Mille tendresses.
CXL
A M. EUGÈNE PELLETAN, A PARIS
Bourges, 28 février 1836.
J'ai reçu votre lettre hier seulement. Je n'habite point Paris, et je n'habite rien les trois quarts de l'année.
Vous avez prodigieusement d'esprit, d'imagination et de talent. Mais votre simplicité est plus affectée que réelle.