J'ai reçu les dessins et je vous prie d'en remercier le signor Nino. Ils ne m'ont pas servi pour ce que j'étais en train de faire; mais ils vont me servir pour ce que je fais maintenant; car je ne puis m'arracher de ma chère Venise.
Lisez, dans le prochain numéro de la Revue, les Maîtres mosaïstes. C'est peu de chose; mais j'ai pensé à vous en traçant le caractère de Valério. J'ai pensé aussi à votre fraternité avec Mercuri. Enfin, je crois que cette bluette réveillera en vous quelques-unes de nos sympathies et de nos saintes illusions de jeunesse.
Bonsoir, mon grand artiste; donnez-moi souvent de vos nouvelles, quelle que soit mon ignoble paresse. Aimez-moi toujours du fond du coeur, comme je vous aime.
Tout à vous.
GEORGE.
CLXXV
A M. GIRERD, AVOCAT, A NEVERS
Fontainebleau, 22 août 1837.
Cher et excellent ami,
J'avais déjà appris par la rumeur électorale ton histoire jusqu'à la veille du dénouement définitif, et j'étais extrêmement inquiète lorsque ta bonne et affectueuse lettre est venue me rassurer. Combien je suis touchée, frère, de cette preuve de ton affection, de ce souvenir si vif et si complet dans un moment si solennel! Oui, certes, tu pouvais compter sur moi pour me dévouer aux êtres qui te sont chers. Tu pouvais compter aussi sur moi pour venger ta mémoire de toute calomnieuse imputation, comme, à mon heure dernière, je compterai sur toi, si je pars avant toi. Tu as bien fait de penser que tu laissais en cette triste vie un autre toi-même, aimant ceux que tu aimes, haïssant ceux que tu hais.