Bonsoir, mon Bouli; je t'embrasse mille fois. Recommande bien à Giraud et à Dagneau[2] de mettre sur l'ouvrage que l'auteur se réserve le droit de traduction, et d'envoyer deux exemplaires à la commission dramatique. Tu aurais dû faire mettre cela au contrat, peut-être; mais je pense qu'ils ne le négligeront pas.

[1] Pour continuer l'illustration des oeuvres complètes de George
Sand, interrompue par la mort de Tony Johannot.
[2] Ses éditeurs.

CCCLVIII

A SON ALTESSE LE PRINCE NAPOLÉON (JÉRÔME), A PARIS

Paris, 20 novembre

Cher prince,

Je suis désolée de ne pas vous avoir revu. Je pars en vous remerciant de votre bonne visite d'hier, et en vous aimant toujours de tout mon coeur.

Je vous envoie la pétition d'un pauvre vieux soldat de l'Empire, autrefois soldat modèle, aujourd'hui très digne père de famille. C'est un paysan de mon village, et il est digne d'un véritable intérêt; je serais bien heureuse de vous devoir un peu de bien-être pour lui, si cela est possible. Jusqu'à présent, ses instances, passant par la préfecture, qui, chez nous, comme ailleurs, ne s'occupe pas des petites gens, ne sont pas parvenues au ministère.

Je ne veux plus rien demander qu'à vous, certaine que vous seul ne vous lassez pas d'obliger.

Bien à vous de coeur et de confiance,